#TUNISIE : CONTRE ESPIONNAGE OU ANTI TERRORISME ?

 

La Tunisie a enregistré après la révolution une recrudescence des  opérations d’espionnage , en effet à cause du vide sécuritaire et du chaos en Libye  notre pays est devenu la base d’enclenchement de presque tous les services de renseignement occidentaux ainsi que des cellules takfiris actant dans ce domaine  et ce qu’elle en soit les desseins et les objectifs .

La dernière affaire du fonctionnaire onusien « kortas » n’est qu’une goutte dans un océan ;

Aussi,  pendant cinq années, de 2010 à 2015,  deux espions russes ont réussi à obtenir un nombre incalculable d’informations et de documents officiels vierges ou relatifs à des personnes tierces, grâce à la collaboration des fonctionnaires tunisien·nes.

Ils et elle leur ont fourni des registres de l’état civil, des extraits de naissance, de décès, des actes de mariage ou de divorce de Tunisien·nes et d’étranger·es.

Ils ont également pu se munir de documents administratifs vierges, livrets de famille vides ou de feuilles blanches sur lesquelles sont apposées des tampons certifiant que “la copie est conforme à l’original”

La question qui se pose actuellement : a-t-on actuellement un service apte à  s’adapter aux nouvelles menaces terroristes  (le TERRORISME, le commerce mondial de la drogue, l’immigration illégale de même que l’espionnage économique et technologique ) et à coordonner le domaine du renseignement?

Mais comment ?

d’après les spécialistes :

Dans le monde du renseignement, la série noire des attentats islamistes – a bouleversé la donne. Capturer les terroristes après leur action destructrice demeurait certes important. Mais les Services allaient désormais être évalués sur leur capacité à agir en amont, donc à empêcher les attentats.

Devant cette exigence d’une population sidérée mais soudée face à l’adversité, anticipation et proactivité devenaient les maître mots.

Les Services se devaient d’accélérer leur transformation en profondeur: les exigences du secret avaient instillé pendant des décennies une prudence, voire une méfiance, entre les différents acteurs de l’ombre.

Il fallait tirer les leçons des échecs du passé avec pragmatisme, sans concession et sans éluder aucune responsabilité. Et surtout, travailler désormais tous ensemble et partager sans cesse l’information dans le respect des apports de chacun – ce qui, au passage, confirmait le rôle indispensable du Coordonnateur National du Renseignement dont la mission était élargie à la lutte contre le terrorisme.

Les événements ont ainsi commandé la mutation rapide de la culture du contre espionnage vers celle de l’anti-terrorisme. Pour autant, dans notre monde d’incessantes ruptures, les terroristes n’ont pas remplacé les espions. Ils ajoutent de la menace à la menace et de l’imprévisibilité aux rapports de force. Le climat actuel de néo-guerre froide et de fragmentation du monde signe le retour des grands affrontements géopolitiques.

Conséquence: le contre-espionnage demeure un pan fondamental de la mission du renseignement, tout comme la protection du patrimoine et des intérêts économiques et stratégiques .

Il n’a pas disparu avec la chute du Mur et, à la différence de l’anti-terrorisme, son succès repose toujours sur le cloisonnement, la protection des sources et des agents. Ainsi que sur la capacité à jouer, sans jamais baisser la garde, la partie d’échecs sans fin de nos intérêts de sécurité.

Les défis du renseignement se situent donc à plusieurs niveaux. Organisationnel d’abord: adapter les structures aux défis de notre monde, trouver le bon équilibre entre l’humain et la technologie, poursuivre dans la voie de la coordination pour gagner en synergie et en efficacité.

Défi managérial ensuite: attirer les esprits brillants et les retenir dans une carrière passionnante mais parfois ingrate. Sociétal enfin, tant il s’avère nécessaire de résister, dans l’élaboration des décisions stratégiques, à certaines pressions de l’écosystème politico-médiatique.

Lequel, soumis à la tyrannie du temps court, ne s’intéresse souvent aux menaces que lorsque les attentats rendent celles-ci tristement visibles.


source:

Livre : Les GUETTEURS. Les patrons du renseignement français répondent. Par Alain Bauer et Marie-Christine Dupuis-Danon. Editions Odile Jacob